Le président du conseil de banque de la BNS Hansueli Raggenbass ne se représentera pas pour un nouveau mandat. Dommage qu’il ne se soit pas infligé ce hara-kiri en janvier! Son sacrifice aurait permis de maintenir le talentueux Philipp Hildebrand à la tête de la Banque nationale. Celui-ci a en effet été autant victime de la communication désastreuse de Raggenbass au début de la crise
que des maladresses de son épouse. Mais démissionner pour préserver un intérêt supérieur est un acte de courage qui suppose une grandeur d’âme assez rare.
L’affaire Mark Muller en apporte la preuve. A l’heure de mettre sous presse (mardi soir), on ignore l’issue de la discussion au sein du collège genevois ce mercredi 22 février. Démission? Temporisation?
C’est tout le tragique de cette crise d’abord personnelle mais devenue institutionnelle. Ce n’est pas tant les incidents du Nouvel An qui auront conduit le magistrat à sa perte que la manière catastrophique dont il les a gérés.
La confiance est un ingrédient essentiel au fonctionnement de nos gouvernements. Les ministres ne se choisissent pas, mais ils sont, au nom de la collégialité, coresponsables des décisions prises. Une sacrée contrainte. Ils doivent pouvoir se fier à ce que leur dit un collègue, ne pas craindre le coup tordu qui les éclaboussera tous. On a mesuré pendant la législature effectuée par
Christoph Blocher au Conseil fédéral de 2003 à 2007 à quel point l’absence de confiance est un poison, minant l’action gouvernementale.
Avec ses vérités successives, Mark Muller a mis ses pairs dans une situation impossible. Pour qu’ils puissent à nouveau lui accorder leur pleine confiance, il devrait rompre le secret de l’accord passé avec le barman, les renseigner précisément sur le montant versé (et sa proportionnalité par rapport aux faits reprochés), puis leur assurer, les yeux dans les yeux, que c’est bien lui qui s’en est acquitté, afin d’ôter tout soupçon sur sa future indépendance d’esprit dans la gestion de ses dossiers. Ce faisant, il prendrait le risque que ces détails soient révélés publiquement par une fuite, ce qui pourrait ouvrir la voie à des poursuites pénales. Rappelons toutefois que les ministres sont liés par le secret de fonction. Une transparence totale et sincère est le seul moyen de sauver sa peau.
Car, à l’inverse, s’ils ne sont pas pointilleux, s’ils le blanchissent à la légère, les collègues de Mark Muller courent à terme le risque de voir leur propre crédibilité entamée. Et de sombrer avec lui.
Les conseillers d’Etat ne peuvent pas éjecter l’un des leurs. Ils ne peuvent que l’acculer à la démission en lui retirant des dossiers, en l’obligeant à changer de département, ou en exerçant des pressions. Ambiance délétère en prime.
Par hauteur d’âme, par respect pour la République qu’il avait promis de servir, Mark Muller aurait été bien inspiré s’il avait démissionné.
Pas mal ce petit article,
merci pour la visite sur mon site et du message, le votre est aussi bien fait.
A ce propos quel thème utilisez vous ? Car il est très beau, mon site sur les éthylotest et alcootest n'est pas aussi design...
Merci,
Anne
Rédigé par : ethylometre acheter | 18 mai 2012 à 11:21