Opfertshofen, vous connaissez ? C’est un patelin de 140 habitants du canton de Schaffhouse, dont Hannes Germann fut jadis le maire durant douze ans.
Hannes Germann, vous connaissez ? C’est le conseiller aux Etats du même canton, aujourd’hui candidat UDC au Conseil fédéral pour tenter de déloger – aux côtés du Vaudois Guy Parmelin peut-être – la conseillère fédérale du PBD Eveline Widmer-Schlumpf. Agé de 55 ans, cet enseignant primaire de formation, ancien gardien du FC Schaffhouse et major à l’armée, est un « sénateur abordable », selon le titre du « Tages-Anzeiger » d’aujourd’hui.
Un UDC mou à défaut d’être modéré. Dans le dossier énergétique, il se dit critique sur le nucléaire, contrairement à son parti. Mais il faut savoir que dans ce canton qui se bat férocement pour éviter d’accueillir un centre de déchets radioactifs, tout engagement pro-nucléaire trop affirmé est suicidaire. Quant à l’initiative de son parti sur l’immigration massive, il la trouve « OK », faisant comprendre ainsi qu’il ne la soutient pas vraiment.
Inutile de dire qu’une telle candidature n’enthousiasme pas le stratège en chef Christoph Blocher. Très proche de l’UDC, la « Weltwoche » de cette semaine n’y consacre que dix lignes, juste pour se moquer du titre « d’économiste » dont s’affuble le Schaffhousois. Son rédacteur en chef Roger Köppel souhaite la candidature de l’entrepreneur Peter Spuhler, le patron encensé de Stadler Rail. « Au nom de la patrie, Peter Spuhler doit se présenter et ne viser que le siège d’Eveline Widmer-Schlumpf, la ministre aux 5% d’électeurs », écrit-il.
Pas facile pour le Thurgovien. Il devrait se séparer d’une entreprise qui brasse des milliards de chiffre d’affaires d’ici au 14 décembre. « Il suffit de la vendre à Christoph Blocher qui pourrait soit la conduire lui-même, soit lui trouver sereinement un autre acquéreur », affirme encore Roger Köppel.
Voilà donc le plan secret de l’UDC. Que Christoph Blocher doive appeler à la rescousse son seul rival au sein du parti, celui qui s’est refusé à signer l’initiative sur l’immigration massive, en dit long sur la relève au sein du plus grand parti de Suisse. Le culte de la personnalité de Christoph Blocher, qui a fait son succès durant ces vingt dernières années, est désormais la principale cause de son déclin. MG

Commentaires