Michael Hermann, c'est ces traits un brin poupon qui détonnent avec cette langue bien pendue. Le politologue zurichois sévit partout - bien au-delà des clivages entre groupes de presse. Il publie ses analyses et pronostics à rythme soutenu dans la NZZ am Sonntag et tient une chronique permanente dans le Tages-Anzeiger. A cela se cumule un saupoudrage généralisé dans tous les médias, audiovisuel compris: on ajoute un peu de Michael Hermann comme du sel sur chaque article politique.
Autant dire que Michael Hermann ne parle pas pour les prunes. Et quand le Zurichois passe quelqu'un au vitriol, c'est une remise à l'ordre publique et sévère. Dans le Tages-Anzeiger du jour, le politologue s'insurge face au PS, qui aurait réussi à traduire les résultats du 23 octobre en une victoire, en focalisant sur les trois sièges gagnés grâce aux listes apparentées plutôt que sur les 0,8% de voix perdues. "La négation de la défaite est en ce moment plutôt associée aux potentats arabes." Le ton est donné.
La critique est d'autant plus douloureuse qu'elle oppose le PS à l'UDC, à l'avantage de ce dernier: "Il est frappant de voir le contraste avec l'UDC, qui a saisi sa défaite comme une occasion d'autocritique sévère au plus haut niveau." Pas vraiment soupçonnable d'accointance avec l'UDC, Michael Hermann termine sa diatribe avec une perche à saisir pour le PS. "La critique et l'autocritique faisaient autrefois partie des forces authentiques de la gauche. Critiquer, la gauche ne l'a pas désappris. Mais l'autocritique semble, chez les socio-démocrates suisses pour le mois, avoir été abandonnée en cours de route." TR

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