C’est le grand vainqueur des élections 2011 : le centre-droit, certes affaibli par le déclin des partis traditionnels, mais clairement renforcé par l’impressionnante progression des Verts libéraux et du Parti bourgeois démocratique (PBD).
Ce morcellement du centre-droit est-il d’abord une chance ou un danger ? Il est pour l’instant prématuré de répondre à cette question. Mais force est de reconnaître que l’ « accouchement » d’un centre-droit uni se fait au forceps. D’une part, il y a la vision, telle qu’elle a été exprimée hier dans « Sonntag » par Reto Nause, l’ancien secrétaire général du PDC, aujourd’hui chef de la sécurité dans l’exécutif de la ville de Berne. Celui-ci propose la création d’un nouveau parti qui pourrait briguer 30% de l’électorat et devenir la première force politique de Suisse.
D’autre part, il y a la cruelle réalité du terrain. Fort de son nouveau statut de « faiseur de rois », le PBD du président Hans Grunder exclut toute fusion avec le PDC, lui préférant un nouvel organe dans lequel pourraient travailler les groupes du PDC et du PBD, éventuellement des Verts libéraux. C’est en tout cas ce que croit savoir la « Sonntagszeitung », qui salue cette démarche prudente. « La diversité est une chance pour le centre, la fusion un danger ».
Au-delà des intérêts du pays, qui aurait besoin d’un centre-droit uni en cette période de crise financière mondiale, il y a les rivalités personnelles et partisanes. C’est bien à la ministre PDC Doris Leuthard qu’on doit la sortie du nucléaire, mais lors des élections, ce sont les Verts libéraux qui en ont profité, alors que le PDC perdait 2% des suffrages.
« Nous devons saisir la chance historique que nous offre le peuple qui ne veut plus de la polarisation politique », souligne Reto Nause. Pas sûr qu’il sera entendu. MG

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