Théoriquement, il y a toujours quatre candidats socialistes à la succession de Micheline Calmy-Rey au Conseil fédéral : le Valaisan Stéphane Rossini, la Tessinoise Marina Carobbio, le Fribourgeois Alain Berset et le Vaudois Pierre-Yves Maillard. Mais la presse a déjà réduit cette course à un duel entre les deux derniers. La NZZ vient de publier de grandes interviews d’eux et attend dans l’immédiat que Marina Carobbio figure sur un éventuel ticket à trois pour procéder avec elle au même exercice.
Ce duel à distance s’avère très instructif. Favori, le Fribourgeois joue l’esquive, soucieux d’éviter tout faux pas. Outsider, Pierre-Yves Maillard se découvre bien davantage. Son interview est donc plus intéressante.
Difficile pourtant de les partager sur des questions concrètes. La NZZ s’est surtout intéressée au profil très à gauche du magistrat vaudois qui, dans sa défense très agressive du service public, aurait par le passé presque demandé la démission du PS des réformistes Benedikt Weibel aux CFF ou Ulrich Gygi à la Poste. « Mais non, rassure Pierre-Yves Maillard. Je me suis simplement battu contre la privatisation du service public, et l’histoire m’a donné raison ».
Et Alain Berset, où se situe-t-il vraiment au PS, s’inquiète la NZZ. Veut-il lui aussi dépasser le capitalisme ? Abolir l’armée ? Le Fribourgois joue la sécurité. Il défend le projet du Conseil fédéral sur l’armée, et il a voté contre la formule « dépasser le capitalisme » au Congrès du PS de Lausanne.
Pierre-Yves Maillard défend vaillamment l’élection du Conseil fédéral par le peuple, « la meilleure manière de former un gouvernement à grande coalition. Il est pour la libre circulation des personnes, mais « contre son renforcement si le marché du travail n’est pas assez régulé ».
Rien de si clair dans le discours d’Alain Berset, très prudent, soulignant par exemple que les critiques envers le conseiller fédéral PLR Johann Schneider-Ammann sont trop dures.
Et que pensent les deux candidats de la revendication de l’UDC d’un deuxième siège au Conseil fédéral. Maillard comme Berset évitent la question avec le même art consommé de la rhétorique… MG

Commentaires