Ambiance très helvétique en ce jeudi 22 septembre sur la Place fédérale à Berne. Le soir même, 220 millions de foyers connectés à TV5 Monde ont eu l’occasion de découvrir la démocratie directe vécue dans sa réalité à la fois toute simple et admirable.
Le décor : une place on ne peut plus conviviale avec son jeu de 26 jets d’eau (autant que de cantons suisses) qui font la joie des bambins qui s’y rafraîchissent en ce temps d’été indien. Juste à côté, sans le moindre cordon de sécurité autour du studio de la SSR, les plus connus des politiciens suisses discutent des enjeux des élections : l’immigration, le secret bancaire et l’Europe en crise.
Directrice générale de TV5 Monde, Marie-Christine Saragosse s’enthousiasme de ce forum à la grecque. « Votre démocratie directe est fascinante. Vous les Suisses êtes trop modestes, car vous avez là un exemple à suivre », souligne-t-elle en ajoutant malicieusement. « TV5 Monde est une chaîne qui met de plus en plus de Suisse dans ses idées ».
Le débat est un peu à l’image de cette Suisse qui se porte bien avec son taux de chômage dérisoire de 3% seulement, mais qui a peur de perdre sa grande qualité de vie. Il aborde d’abord la question de l’immigration, présenté comme le grand problème du moment. Pourtant, la Suisse compte 1,7 millions d’étrangers qui participent à la prospérité du pays, comme le remarque le président du PDC Christophe Darbellay, qui tente de remettre l’église au milieu du village.
Frileuse encore, cette Suisse qui s’interroge sur son avenir dans l’Europe. Comme les derniers sondages donnent plus de 80% des gens opposés à l’adhésion de la Suisse à l’Union européenne (UE), la plupart des partis décrivent la voie bilatérale comme la « voie royale », alors que la Suisse n’a plus signé de grands accords bilatéraux depuis sept ans.
L’émission ne pouvait pas ignorer le mythique secret bancaire. Un secret qui n’existe quasiment plus, notamment pour les citoyens de pays influents comme les Etats-Unis, comme l’a titré le matin même le « Tages Anzeiger ». Mais les partis du centre-droit font semblant qu’il a été préservé. « Nous avons sauvé l’essentiel », assure Christophe Darbellay.
Fin du débat. La Suisse reste un pays.
MG

Commentaires