C’est l’histoire, une fois de plus, d’un pays qui risque de se retrouver au ban de la communauté internationale : la Suisse, seul pays d’Europe avec la Suède à ne disposer d’aucune règlementation en matière de financement des partis.
Sous la menace d’un rapport très sévère du Groupe d’Etats contre la corruption (GRECO), dont une délégation a étudié le cas helvétique en mai dernier, le Conseil des Etats a préféré prendre les devants. Par 22 voix contre 18 en ce mardi 27 septembre, il a approuvé une motion de la Commission des institutions politiques (CIP). Celle-ci veut rendre obligatoire la publication des sources de financement des campagnes de votation. Les comités d’initiative et autres organismes engagés dans un scrutin devront informer la Chancellerie fédérale de la provenance de leurs moyens financiers.
A l’origine de cette motion, un homme très préoccupé : le chef du groupe PDC Urs Schwaller. Depuis quelques années, le fossé se creuse quant aux moyens financiers des divers partis. Selon la SSR, pour le seul mois d’août 2011, l’UDC a dépensé 2,7 millions de francs, soit deux fois plus que tous les autres partis réunis. Lorsque « L’Hebdo » avait enquêté à ce sujet au printemps dernier, Urs Schwaller avait souligné : « Il faut éviter qu’à la fin l’électeur n’entende plus qu’un seul avis, celui de l’UDC. Ce serait la fin de la démocratie suisse ».
Des paroles fortes qui montrent que ce thème, qui longtemps a été l’apanage de la gauche, alarme désormais aussi une partie du centre-droit. La motion des sénateurs ne touche certes que les campagnes de votation, mais elle donne un signal clair d’une volonté nouvelle de transparence.
De son côté, la ministre responsable du dossier, la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) Simonetta Sommaruga, a décidé de lancer une étude portant sur deux volets : d’une part le financement de la campagne électorale 2011 et d’autre part les budgets investis lors des douze dernières votations fédérales.
L’un des derniers tabous de la politique suisse est en train de se lézarder. MG

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