La Genève internationale constitue l’un des derniers atouts de la Suisse sur la scène diplomatique mondiale. La présence de l’OMC et du siège européen de l’ONU empêche la Suisse de sombrer dans une totale insignifiance. Elle est l’un des rares dividendes de la politique de neutralité encore opérant.
La place diplomatique genevoise est si utile que l’OMC veut s’y développer et y agrandir ses locaux. C’était sans compter avec les éternels opposants d’extrême gauche, prompts à compromettre le projet sous prétexte qu’il grignoterait l’espace des rives du lac dévolues à la promenade.
Il faut espérer que le corps électoral de la ville ne réduira pas à néant le formidable goodwill que représente la Genève internationale.
Un non à l’OMC, fût-il consultatif, serait désastreux.
Le sort de la Genève internationale ne devrait pas dépendre d’un territoire communal, mais être une prérogative fédérale, puisqu’elle engage les intérêts supérieurs de la politique étrangère de la Suisse.
A quelques dizaines de kilomètres, la ville de Lausanne a longtemps fait figure de ratage urbanistique si caricatural, qu’il semblait impossible d’y remédier. Les besoins en transports publics lui ont donné le M2, un petit miracle de volonté politique. Ce grand chantier a décoincé les énergies. Arrive le plan Métamorphose mettant la ville sens dessus dessous, le stade de foot au sud, des logements au nord. Un beau chambardement. C’était sans compter le parti des nostalgiques et des égoïstes.
Là aussi le cercle des décideurs ne correspond guère à celui des utilisateurs, c’est au minimum l’agglomération qui aurait dû voter. La question alambiquée (si on est pour Métamorphose, il faut voter non à l’initiative) n’arrange rien. La démocratie est réduite au hasard ou aux caprices de quelques uns.

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