Captivant débat organisé dimanche soir à l’occasion des Européennes par le PDC genevois et le NOMES. Dans la salle, que des convaincus de l’utilité du projet européen. Pas de contradicteur. Une parole libérée pour évoquer les relations entre la Suisse et l’Union européenne.
Pas d’hostilité, pas de mauvaise foi, pas de procès d’intention. Juste des Suisses qui aimeraient en être. Parce que nous en sommes déjà tellement. Parce que notre souveraineté est devenue factice. Parce que ce serait bon pour la défense de nos intérêts économiques. Parce que notre appartenance à l’UE aurait empêché la Libye d’emprisonner deux Suisses innocents aussi longtemps. Parce qu’il est bizarre de disserter sur les frontières ultimes de l’UE, et du cas de la Turquie, sans avoir droit au chapitre…
A Berne, évoquer l’adhésion suscite les sourires gênés ou courroucés. Présidente du NOMES, la conseillère nationale Christa Markwalder a décidé, très gentiment, de passer outre. La libérale-radicale récolte ces jours-ci des signatures pour un postulat demandant au Conseil fédéral de reprendre la réflexion stratégique sur nos relations avec l’UE. Il y a trois ans, lors de son dernier rapport sur le sujet, le gouvernement avait émis trois critères d’évaluation: le degré d’influence de la Suisse sur les décisions qui la concernent, la disponibilité de l’UE à négocier avec nous, les conditions-cadres économiques satisfaisantes. Il est temps, dit Christa Markwalder, de procéder à une nouvelle analyse. Formulée dans un postulat, un vœu non contraignant, cette demande devrait recevoir l’assentiment d’une majorité du Conseil national.
Ancien ambassadeur, Raymond Loretan a appelé les responsables politiques qui soutiennent l’adhésion à se montrer plus courageux. La dispute fiscale avec l’UE, les concessions sur le secret bancaire accordées à l’OCDE et aux Etats-Unis ont changé la donne. Les associations économiques faîtières doivent aussi réexaminer leur position, a plaidé Dominique de Buman.
Avant de rappeler que, si l’Islande a déposé la semaine dernière une demande d’adhésion à l’UE, c’est parce que le parti qui a gagné les élections législatives avait fait ouvertement campagne sur le sujet.
Mettre l’adhésion à l’UE en tête de son programme électoral. En 2011, quel parti suisse osera?

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