Pascal Couchepin a annoncé son retrait du Conseil fédéral le 12 juin dernier. Pendant quatre ans, de 2003 à 2007, face à Christoph Blocher, le radical valaisan s’est posé en gardien des institutions. L’UDC zurichois avait été élu au gouvernement comme l’homme providentiel qui allait changer le cours de la politique suisse.
Comme une sorte de précipité de ces deux tendances antagonistes – la crise avec la Libye dramatisant encore les enjeux –, la longue campagne de succession s’est transformée en débat sur les grands principes qui ont forgé la Suisse: la répartition des sièges ministériels doit-elle être modifiée en cours de législature? Quelle place pour les minorités latines? Quel type de gouvernance instaurer pour mieux gérer et surtout anticiper les tensions avec les autres pays, qui se multiplient du fait de notre isolement politique?
La recherche de l’homme – ou de la femme – providentiel est passée de mode. A quoi a-t-on assisté cet été? A un bal des prétendants dont l’orchestration a déraillé, une danse macabre aux accents souvent grotesques. Le requiem d’un mode de désignation qui se focalise sur des détails et des symboles, plutôt que sur la vision politique et la capacité de conduire le pays. Seule note positive: le débat sur la réforme des institutions ne pourra plus être différé.
A bout de souffle, le Conseil fédéral vient de l’admettre: il songe à prolonger la durée de la présidence de la Confédération, voire à la coupler avec le Département des affaires étrangères. Il ébauche une once d’autocritique.
Le Parlement n’échappera pas non plus à une remise en question. Il a le pouvoir, énorme, d’élire les ministres, car lui seul semble à même de garantir le respect des délicats équilibres nationaux. Un devoir dévoyé. Dans les semaines précédant l’élection, le personnel politique apparaît désormais sous son plus mauvais jour: addict aux petites phrases assassines, aux chantages, aux alliances négociées en toute opacité. Un sérail enfermé dans ses combines ne se préoccupant plus de l’image qu’il donne. Les présidents de partis jouent les maquignons. Oublient parfois leur rôle, rattrapés par la défense des intérêts de leurs cantons d’origine. Dans tous les cas, peu soucieux de la cohérence et de la lisibilité de leur ligne sur le long terme. Navrant.
La Suisse a vraiment besoin de mettre des réformateurs au pouvoir.

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