A qui appartient le siège laissé vacant en milieu de législature par Pascal Couchepin? Incontestablement à son Parti libéral-radical. Le PDC, l’UDC et les Verts font pourtant valoir leurs prétentions. Sont-elles légitimes? Clairement non.
En décembre 2007, le Parlement a attribué deux sièges à l’UDC, aux socialistes et aux radicaux, et un seul au PDC. Il n’y a pas eu de nouvelles élections fédérales, il n’y a donc pas lieu de changer la clé de répartition.
Les démocrates-chrétiens jouent un jeu dangereux. Si d’aventure Doris Leuthard venait à quitter prématurément le gouvernement, ils seraient les premiers à crier que son siège leur appartient. Alors que l’UDC pourrait le réclamer, avec la même «logique» que le PDC aujourd’hui, puisqu’elle ne s’estime pas représentée selon son poids réel au Conseil fédéral.
Pour justifier l’éviction de Christoph Blocher par Eveline Widmer-Schlumpf, Christophe Darbellay avait plaidé le respect de la concordance arithmétique. Le 12 décembre 2007, la majorité aurait pu introniser Urs Schwaller, et casser la formule gouvernementale. Mais le Fribourgeois et le PDC n’ont pas osé se lancer dans la bataille. Tant pis pour eux! Ils pourront retenter leur chance en 2011.
Pour légitimer leur second siège, les libéraux-radicaux se sont lancés dans un décompte latin de leur force électorale. Nauséabonde idée. Un conseiller fédéral est l’élu de tous les Suisses.
Cela dit, le siège de Pascal Couchepin doit indiscutablement revenir à un Latin, au nom d’une représentation équilibrée des minorités qui ont fondé la Suisse moderne de 1848. Les bons candidats ne manquent pas, sans que l’on ait besoin de délivrer des certificats de conformité linguistique.
De nombreux conseillers fédéraux romands ont dû, dans un premier temps, parfaire leur expression orale en allemand. Beaucoup de leurs pairs alémaniques n’ont jamais fait l’effort d’améliorer leur français et ne se sont jamais initiés à l’italien. Qu’on laisse donc, le cas échéant, Pascal Broulis se mettre à niveau. Ce qu’on attend d’un ministre c’est bien autre chose que de la virtuosité polyglotte: un programme politique clair, du courage et du savoir-faire.

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