Santésuisse prépare le terrain depuis des mois, le vice-directeur de l’Office fédéral de la santé publique vient de le confirmer: cet automne, les primes de l’assurance maladie pourraient grimper de 10%. Même si le climat économique était resté aussi prospère que ces trois dernières années, la confirmation de cette hausse serait une catastrophe.
En moyenne, déjà 29% de la population touche des subventions pour faire face au relèvement continuel des primes. Faut-il attendre qu’un assuré sur deux ne puisse plus acquitter l’entier de sa contribution pour agir? Le bon côté de la récession serait qu’elle oblige à trouver une solution durable à la crise de financement de la LaMal.
Actuellement seuls 16% des 52 milliards que coûte le système de santé sont pris en charge par les pouvoirs publics. Au titre de leur participation directe et des primes versées, les ménages s’acquittent d’environ 73% de la facture (auxquels il faut ajouter 10% payés par les assurés en privé). Dès lors, il ne serait pas totalement martien que la Confédération augmente sa part. Après tout, la santé des Suisses est un bien beaucoup plus précieux et indispensable que la construction de nouvelles autoroutes ou l’acquisition d’avions de combat.
L’ouverture de ce débat serait plus utile que le discours grotesque et moutonnier qui impute à Pascal Couchepin la situation actuelle. Si le chef du Département de l’Intérieur démissionnait demain matin, cela ne réduirait pas d’un centime l’augmentation annoncée des primes. Le désigner comme bouc émissaire suppose qu’il aurait pu, lui tout seul, trouver et imposer la solution miracle pour maîtriser les coûts de la santé, alors qu’au parlement les lobbys anéantissent régulièrement par leurs feux croisés toutes les réformettes proposées.
Le radical n’a pas la manière, dit-on. Ruth Dreifuss, qui l’a précédé dans le rôle, ne l’avait pas non plus, bien que dotée d’un tempérament politique fort différent. Le souvenir de l’impopularité endurée par la socialiste devrait rendre prudent ceux qui croient encore que le problème du système de santé, c’est le ministre en charge.
Un dernier point. De quoi se plaint-on au juste en ânonnant que l’explosion des coûts de la santé est insupportable? Que les gens vivent plus vieux et en meilleur santé? Que notre système de soins offre chaque année de nouveaux traitements coûteux qui font reculer les effets de la maladie? Qu’un secteur économique florissant (11% du PIB) se développe au service de toute la population?
Que voudrait-on? Transformer les médecins en fonctionnaires aux salaires standardisés? Rationner les soins? Ne plus soigner les gens au-delà d’un certain âge parce que les traitements en fin de vie sont notoirement les plus dispendieux?
Faut-il que ce pays soit intoxiqué par les discours populistes et simplistes pour renier ainsi sa propre qualité de vie?

Quand le frère De Mr Couchepin siège, à sa place, dans le conseil de direction de du Groupe Mutuel, quand le président de Helsana siège aux Conseil des Etats à Berne, quand le surveillant OFSP des assurances est engagé le mois suivant comme président d'Assura, quand SantéSuisse (lobby des assurances) est financé par vos cotisations (aucune antenne des patients est financée par la Lamal), quand la Lamal est modifiée à petits bruits par le lobby des assurances, quand les assurances détournent consciemment et grâce une lois sociale floue des millions dans leurs poches, quand les assurances jouent "à la Madoff" en investissant des intermédiaires pour démarcher les patients d'une assurance à une autre afin de s'approprier les réserves acquises (que les patients seront obligés de reconstituer dans la nouvelle assurance!), quand les assurances arrivent à devenir un état percepteur dans l'état, quand les assurances se prennent pour les médecins en écrasant leur savoir faire et en les dénigrant car ils n'ont fait aucune promesse d'Hyppocrate (il suffit de voir les publicités qui soutiennent votre journal, donc votre commentaire est de toute retenue), quand les assurances font de l'assurance sociale une assurance privée, et des assurés privés des assurés sociaux, quand les assurances grâce à tout l'argent amassé lancent des ordes de juriste pour modifier les lois fédérales en défaveur de l'Etat, donc de vos impôts. Et quand la schizophrénie technocrate sera à son sommet, l'eugénisme "démocratique" sera instauré pour votre plus grand bonheur ou pour votre plus grande disgrâce!?
Oui la démission de Mr Couchepin est légitime, car il ne représente plus l'Etat, donc vous, mais les assurances au sommet du gouvernement. Dans d'autre contrée, cela s'appelle une dictature ou un putch. D'ailleurs il n'a jamais attaqué les assurances pour les dépassement des réserves, et ses commentaires envers les assurances sont plutôt des caresses de sympathie. Il est hors jeu: c'est tout!
Rédigé par: la voix | 21 avr 2009 à 08:06
M. Couchepin se conduit en autocrate, c’est une évidence qui n’échappe à personne. Il semble même qu’il ait quelques faiblesses plus ou moins coupables à l’égard de la gent assureuse. Ceci dit, le thème des coûts de la santé me semble extrêmement biaisé.
Tout un chacun souhaite bénéficier des meilleurs soins en cas de besoin. Dans une société libérale fondée sur la circulation incessante de l’argent, la santé et ses « coûts » participent à ce mouvement nécessaire. Médecins de toutes spécialisations, infirmières et infirmiers, aides-soignant(e)s, ambulanciers, fabriquants d’instruments divers, architectes et entrepreneurs du bâtiment, maçons…la liste est longue et on peut y rajouter tout ceux qui vivent des gains des sus nommés : vendeurs de Porsches ou de bicylettes, chaussures de chez Church ou Bata, etc…Ces « coûts » participent donc de l’économie globale. Je dirai même plus, plus les coûts de la santé sont élevés, mieux se porte cette merveilleuse économie de marché à laquelle nous sommes d’autre choix que de participer.
Dès lors, comment s’acquitter de ces coûts ? Ceux qui ont des moyens élevés peuvent toujours se dire que, sauf accident majeur (et même…), ils seraient capables de payer une facture conséquente de médecin ou d’hôpital sans trop de mal (ce serait , par exemple le cas de M. Vasella, qui comme par hasard…). Ils pourrraient donc s’abstenir de contracter une assurance.
Pour les autres, l’assurance est la seule possibilité de pouvoir faire face aux coûts que génère un problème de santé majeur. Et nous savons bien, tous autant que nous sommes , que plus que la mort, nous redoutons la douleur physique (la « morale », on s’en charge). Sauf à se dire que, quelles que soient les circonstances, nous refuserons d’avoir affaire avec le corps médical et ses épigones.
Et c’est pour cela qu’il nous faut payer et payer et payer pour toutes ces assurances qui nous rassurent et qui font marcher le business!
Allez, je vous souhaite à toutes et à tous une longue vie et surtout une bonne santé !
Rédigé par: Thomas Diafoirus | 01 mai 2009 à 15:57