Savez-vous ce qu’est le storytelling ?
Une arme de distraction massive, comme le dit Christian Salmon qui a consacré au phénomène un essai ravageur : "Storrytelling, La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits", aux éditions la Découverte.
Le storytelling nous vient du marketing, on vous raconte l’histoire d’une marque plutôt que de vous vanter les qualités d’un produit particulier. On travaille sur la vision du monde prêtée au consommateur pour capter son attention, on joue sur les émotions plutôt que sur la raison.
Le phénomène, apparu dans les années quatre-vingt, s’est généralisé ces dix dernières années. Peu à peu dans les rédactions, on a demandé aux journalistes non pas de produire une enquête dérangeante mais d’avoir une bonne histoire.
Les spins doctors, les fabricants d’opinion au service du pouvoir ont pris le relais.
On préfère raconter des histoires au bon peuple, imposer un agenda plutôt que de gérer au grand jour en toute transparence démocratique les problèmes.
Comme le disent les conseillers de l’Elysée, on envoie chaque jour aux citoyens une carte postale. Chaque jour, on produit un épisode de feuilleton pour occuper les esprits.
Alors, par exemple, on vous invente la présence d’armes de destruction massive en Irak plutôt que de s’attaquer aux racines économiques du terrorisme.
On vous parle de Carla, plutôt que du financement de la sécurité sociale.
On vous montre les implants capilaires de Silvio Berlusconi, et on passe sous silence son usage privé du pouvoir législatif.
On vous sort une mère de famille de l’Alaska pour animer la campagne présidentielle des Républicains, plutôt que de formuler un programme politique cohérent.
Pourquoi je vous parle ce matin de storytelling ? Ce penchant pour les contes à dormir debout explique peut-être pourquoi les dirigeants de la planète n’ont pas vu venir l’actuel tsunami financier. Trop fascinés par leurs manipulations de l’opinion. Les gouvernements, en premier lieu celui des Etats-Unis, ont méprisé le réel. Depuis un mois, le réel se venge, la bulle des profits virtuels a explosé, salissant de ses éclaboussures tous ceux qui la trouvaient irrésistible, à défaut de la comprendre.
Les autorités ne peuvent plus raconter des histoires, les politiques sont obligés des chercher des solutions. Et puis, après avoir été crédules, les citoyens consommateurs n’ont plus confiance, ils exigent des gages, des preuves, des engagements tangibles.
Je ne sais pas vous, mais moi ça ne me chagrine pas trop que la vraie vie reprenne le dessus.
* Chroniques sur LFM (103.3), du lundi au vendredi, à 7h50

personnellement je n'arrive pas a comprendre cet homme à cet age et il se prend pour un adolescent! surement il a quelque chose au fond de lui qui ne va pas
Rédigé par: berlosconu | 15 juil 2009 à 20:00