Début septembre, Christophe Darbellay s’est fendu d’une lettre ouverte, étrangement incendiaire, contre Micheline Calmy-Rey. Jeudi dernier, le parti socialiste a expédié la réponse du berger à la bergère. Il a publié un avis de recherche ciblé sur Doris Leuthard, ministre de l’Economie trop absente et trop muette dans la crise financière. Une carte postale électronique, retirée depuis du site du PS, «pour des raisons purement techniques», assure le service de presse. Ce fut l’occasion pour Christophe Darbellay et Christian Levrat de s’étriper à la radio sur la dignité des attaques contre les conseillers fédéraux. Ils auraient mieux fait de discuter du fond. La discrétion infinie du Gouvernement suisse depuis le début de la crise a déjà été soulignée. Par contraste avec les gesticulations américaines et françaises, cette mesure suisse a légitimement surpris. Il n’aurait pas été totalement extravagant que le gouvernement communique mieux sur la logistique mise en place pour faire face à la crise, la fréquence des contacts et les entités concernées. Tout ce qui a été su a été distillé au compte-gouttes par les médias. C’est affligeant. Seule une fin durable de la crise permettra de trancher la question de savoir s’il était plus intelligent de se taire et d’agir en coulisses que de s’exciter devant les caméras. En revanche, ce qu’il est parfaitement indécent de reprocher aux responsables politiques en général, c’est d’avoir traîné à élaborer et à
promulguer les plans de sauvetage adéquats. Il est normal qu’ils aient eu besoin de quelques jours pour remédier à un désastre tissé au petit bonheur la chance par des banquiers inconséquents pendants des années. Plus personne parmi les financiers n’avait les idées claires sur l’ampleur des risques, et on aurait voulu que les autorités politiques soient rapides comme l’éclair?

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