Hans Fehr et Christoph Mörgeli exigent un retour à une neutralité « intégrale, perpétuelle et armée ». Et tant pis, si celle-ci n’a jamais vraiment existé aussi pure et immaculée qu’ils le prétendent. Aveuglés, ils citent Churchill : le Vieux Lion britannique reconnaissait que la Suisse avait accordé « trop de faveurs aux Allemands », mais avait toujours été « dans son esprit » du côté des Alliés, avant de lui accorder l’absolution. L’exemple démontre qu’une neutralité absolue est impossible. Mais qu’importe les réalités historiques si on peut agiter le mythe.
L’Action pour une Suisse indépendante et neutre se déchaîne. Elle veut rendre le referendum, et la double majorité du peuple et des cantons, obligatoire pour tous les sujets de politique étrangère ; interdire les engagements de l’armée à l’étranger (pourtant approuvé par le peuple en 2001) ; quitter l’ONU pour y revenir peut-être un jour sous conditions !
Résumons, sur la scène internationale, il s’agit de transformer la Suisse en réserve d’eunuques muets.
La neutralité est un bel instrument diplomatique qui a bien servi la quiétude et la prospérité de notre pays. Personne ne songe à l’abandonner, et surtout pas Micheline Calmy-Rey. Mais cela ne signifie pas qu’il ne soit pas, hier comme aujourd’hui, nécessaire de l’adapter au contexte international. Dans un monde toujours plus interdépendant, l’absence de tout engagement pour résoudre les problèmes est perçue comme une insupportable lâcheté.
Que l’ASIN aille de l’avant ! Ses excès vont obliger les partis, les milieux économiques et la société civile à prendre position. Les partisans d’une Suisse digne et solidaire vont ainsi se sentir membres d’un même camp, et opposer bientôt à ce fatras irréaliste des réponses républicaines.

A peu près d'accord avec Chantal Tauxe sur le fond.
Encore faut-il ajouter que la Suisse n'a jamais été neutre durant la guerre froide. Il suffit de se souvenir avec quelle ferveur nous avons accueilli (et c'est tant mieux) les réfugiés des pays de l'Est.
Pour ce qui est de la sincérité de l'ASIN, je défie qui que ce soit de trouver une critique de sa part à propos la décision du Conseil fédéral de permettre aux avions de l'US Air Force de survoler notre pays pendant la guerre d'Ex-Yougoslavie! La neutralité à géométrie variable, c'est le vrai programme de l'ASIN.
Mais de grâce, arrêtez de dire que l'UDC a gagné les élections! Les Verts on progressé proportionnellement bien plus qu'elle (+40% contre +15%), la droite (si on range les PDC à droite) a repris quelques pour-cents à la gauche mais moins que ce que la gauche avait gagné il y a 4 ans...
Ce qui est vrai, c'est que les radicaux ont perdu leur duel bourgeois à force de penser leus alliances électorales en fonction des sièges à sauver et non pas en fonction de leurs convictions.
Rédigé par: Attentif | 15 nov 2007 à 12:17
De CT pour Attentif:
A propos de la victoire de l'UDC: ci-dessous en copie, mon commentaire au lendemain des élections, oublié sur ce blog et dans L'Hebdo du 25 octobre:
"La victoire de l’UDC est claire. Incontestable même. Enfin, on aurait aimé pouvoir écrire cet adjectif important, lorsque l’on parle d’élections au suffrage universel, si le parti de Christoph Blocher n’avait pas dépensé entre 8 (estimation basse) et 15 (estimation haute) millions de francs pour conquérir au final sept sièges. En l’absence de chiffres sûrs, on ne calculera pas le coût unitaire de ces nouvelles recrues. Car en démocratie, il est bon de respecter le verdict des urnes, même lorsqu’il ne nous plaît pas. On peut d’autant plus s’y résoudre que 29% de suffrages ne signifie pas encore une majorité. Juste une prépondérance. Importante, mais pas décisive. 71% des électeurs n’ont pas plébiscité le tribun zurichois."
Peut-être inspirés par les réalités françaises, et les scrutins présidentiels, toujours plus de Suisses font l'amalgame: parti le plus fort = parti victorieux au sens "majoritaire" du terme. Comme vous je le regrette.
Rédigé par: CT | 15 nov 2007 à 12:28
"...il s’agit de transformer la Suisse en réserve d’eunuques muets."
Ben ouais, c'est le choix qu'on a : "eunuques muets" ou "rabâcheurs impuissants".
Ensuite, on se détermine en fonction de son tempérament. Moi, par exemple, j'ai horreur des bavards.
"Dans un monde toujours plus interdépendant, l’absence de tout engagement pour résoudre les problèmes est perçue comme une insupportable lâcheté."
Par qui ? Par les zozos des sempiternels quotidiens de référence ? Pfffff...
Rédigé par: Scipion | 16 nov 2007 à 10:16
Neutres ou eunuques... en fait d'apaisement ! Enfin bon l'ASIN a au moins le mérite de donner une opinion sans équivoque que l'on soit d'accord ou non. Mais la votre quelle est-elle ? Osez donc enfin déclarer ce que vous voulez, abandon de la neutralité ? Ok dans quel camp allons-nous ? Dites franchement que la neutralité suisse lors de la dernière guerre a été totalement inutile au travail du CICR, dites que tout le travail que la Suisse a effectué en tant que puissance protectrice auprès de 43 pays était totalement inutile, dites que le travail héroïque des délégués du CICR pour sauver des milliers de victimes était nul, dites le enfin. Proposez donc une autre politique que l'on sache enfin à quoi s'en tenir au lieu de vous en tenir uniquement à la critique et au dénigrement.Et puis sachez enfin que les droits et devoirs des neutres ont fait l'objet d'une conférence en 1907 et que parmi les droits, il y avait celui des privés de vendre des armes aux belligérants. Sachez encore que la Suisse en 1939, malgré ce droit, avait promulgué l'interdiction générale d'exporter des armes et que ce sont les Alliés franco-anglais qui l'en ont dissuadé.
Rédigé par: Christian Favre | 16 nov 2007 à 11:36
Pourquoi insulter les gens en les traitant d'eunuques ?
On sait bien que la neutralité n'est jamais parfaite ni absolue. C'est toujours une transaction entre diverses pressions qui s'exercent sur le pays qui entend rester neutre. La neutralité suisse, imparfaite, est généralement reconnue et elle a toujours contribué à la sécurité de la Suisse. Elle est aussi indispensable pour que la Croix-Rouge puisse faire son travail de manière impartiale.
Malheureusement, en ce moment, avec Mme Calmy-Rey, la Suisse n'est plus du tout neutre, à cause de cette prétention ridicule de donner des leçons au monde entier, et de se mêler de tout, même de se monter le cou jusqu'au Conseil de Sécurité de l'ONU (!) ce qui est incompatible avec la neutralité.
C'est farfelu et c'est dangereux.
Et en plus, remetons les choses comme elles sont: Ce n'est pas par courage, c'est bien par lâcheté que la Suisse a abandoné sa neutralité pour se mettre à plat ventre devant l'ONU et l'OTAN.
Vivement qu'on remette les pendules à l'heure dans ce domaine et qu'on cesse d'envoyer des militaires en Afghanistan et au Kosovo alors que leur rôle est de défendre le territoire au milieu d'une Europe pas si sure qu'on le dit.
Il y a un très bon livre à lire sur la neutralité et ses limites:
Titre : Histoire De La Neutralite ; Une Perspective
Auteur : Langendorf, Jean-Jacques
Editeur : Infolio
Collection : Testimonia
Genre : Histoire Essais
Date de parution : 06/03/2007
ISBN : 2884742247
EAN13 : 9782884742245
Présentation : 351
Rédigé par: citoyen soldat | 16 nov 2007 à 16:28
De CT pour Christian Favre:
Le format limité de ma chronique ne permet pas toujours d'expliciter dans le détail ma position. C'est le but de ce blog que de pouvoir répondre aux questions, objections ou critiques des lecteurs.
Je ne souhaite pas l'abandon de la neutralité suisse. Je me rallie au concept de neutralité "active", c'est à dire qui s'adapte à l'environnement international. Je n'ai pas de problème avec la manière dont la Suisse a géré sa neutralité pendant la deuxième guerre mondiale. La Suisse a fait ce qu'elle a pu dans un contexte difficile, elle a menagé tous les belligérants. Mais pour moi cet opportunisme est acceptable: y-avait-il dans cette guerre, ce désastre absolu, une manière juste et vertueuse d'évoluer sans jamais se tromper? Je ne le crois pas. Les Alliés aussi ont eu leurs petits arrangements avec la vertu, même si on doit leur être infiniment reconnaissant d'avoir libéré le Vieux Continent de la barbarie nazie.
Ce que je regrette en revanche c'est qu'après guerre la Suisse n'ait pas eu le courage de tenir un vaste débat public (malgré les rapports Ludwig et Bonjour) sur son attitude pendant la deuxième guerre mondiale. La Suisse officielle a préféré entretenir les mythologies plutôt que de se confronter aux faits. Les milieux économiques ont réagi avec un cynisme incroyable. Cette cécité nous a valu l'affreuse crise des fonds en désgérence, qui a éclaboussé tout le peuple suisse, et meurtri ceux qui, nos pères ou nos grand-pères, ont fait la mob', et défendu leur pays, avec courage et conviction.
Une fois que l'on a dit que l'on est favorable à une neutralité "active" et pas "intégrale" comme le souhaite, à mon avis à tort, l'ASIN, on est loin d'avoir épuisé le sujet, je vous l'accorde. Comment résoudre notamment la question militaire: La Suisse peut-elle assurer seule, sans concertation avec les Européens, sa sécurité? Je ne le crois pas. Reste à trouver des modalités de collaboration qui préserve la neutralité, et la légitimité qu'elle donne à la Suisse pour proposer ses bons offices, ou asseoir la légitimité du CICR (qui ne pourrait pas agir comme il le fait sans la neutralité suisse). L'équation n'est pas simple.
Rédigé par: CT | 19 nov 2007 à 09:16
La crise des fonds en déshérence était un prétexte hypocrite, utilisé par la puissance américaine, en conjonction avec des organisations juives (qui poursuivaient un but différent), pour tordre le bras à la Suisse et la contraindre à bazarder sa neutralité armée et entrer dans l'OTAN.
La Suisse a du fléchir le genou tant l'attaque était massive. Le chantage jouait sur le fait que les banques suisses font plus de la moitié de leurs affaires aux USA. Donc si la Suisse ne s'était pas inclinée on pouvait retirer la licence des banques suisses aux USA.
La Suisse avait montré plus de courage face à Hitler, pour préserver son indépendance, qu'elle n'en a montré devant la crise, dite, des fonds juifs. Elle a cédé sur toute la ligne.
La Suisse est donc entrée dans l'OTAN et aujourd'hui des soldats suisses sont en Afghanistan, au Kosovo etc, où il n'ont rien à faire. On a menti au peuple dans l'affaire armée 1995. La vérité de la chose c'est qu'on a fait entrer la Suisse dans l'OTAN (ou partenariat pour la paix ce qui est pareil) sans le dire.
En réalité un débat approfondi et vertueux sur l'attitude de la Suisse pendant la guerre, s'il avait eu lieu plus tôt comme vous le suggérez, n'aurait servi à rien. Au moment où la superpuissance mondiale aurait voulu nous contraindre à céder, elle aurait quand même trouvé des prétexte hypocrites pour le faire.
Quant au rapport Bergier, qu'a-t-il révélé ? Que l'économie suisse a travaillé avec les pays environnants, c'est à dire à l'époque l'Axe. La belle affaire ! On le savait déjà même si on ne le criait pas sur les toits. Et il n'y a pas de honte. Le but était que le pays puisse survivre dans la guerre et ce but a été atteint.
En revanche le rapport Bergier a été déshonnête dans la mesure où il ne s'est pas contenté de révéler les faits (ce qu'il a fait avec un luxe de détails et une minutie incroyable) mais qu'il a assorti le tout d'un commentaire non scientifique. Il a prétendu que la Suisse avait une responsabilité morale dans le prolongation de la guerre, ce qui ne tient pas.
Ainsi le rapport Bergier est sorti de l'honnêteté intellectuelle et scientifique pour entrer dans l'idéologie et devenir un procureur moral contre son propore pays.
Bref la Suisse a été diffamée. Et personne n'a osé relever le fait qu'il s'agissait de diffamation.
On en a marre de ces journalistes qui se font les auxiliaires d'une compagne de diffamation internationale contre notre pays!
Rédigé par: antigone | 19 nov 2007 à 10:31
Rectificatif. Le mensonge principal n'était pas tant dans armée 1995 (qui allait déjà dans le mauvais sens) mais surtout dans armée 21. Ca, c'était vraiment l'abandon de la défense du territoire pour entrer dans une alliance militaire: l'OTAN. Et on a menti au peuple. On ne lui a pas dit la vérité.
La politique de Mme Calmy-Rey c'est une politique d'abandon de l'indépendance et d'applaventrisme sans dignité devant les grandes puissances. Le tout sous les couleurs trompeuses d'une sentimentalité humanitaire. Toutes les Carla del Ponte et compagnie ont été aussi des quasi "agents" américains.
Est-ce défendable de se montrer lâche en politique internationale? Peut-être. Et dans ce cas votre plaidoyer pour la politique étrangère actuelle est recevable. Mais il reste que la Suisse a été plus courageuse dans la 2ème guerre mondiale, même si elle n'en menait pas large.
Alors d'accord pour une neutralité active, jusqu'à un certain point, mais pas trop d'hypocrisie s'il vous plaît!
Rédigé par: antigone | 19 nov 2007 à 10:44
Doucement les fantasmes! La Suissse ne fait de loin pas partie de l'OTAN, jusqu'à preuve du contraire.
Par contre, cela fait des décennnies, avec des Conseillers fédéraux de droite à sa tête, qu'elle se fournit presque exclusivement en matériel auprès de l'OTAN.
Mais cela n'a jamais été critiqué par l'ASIN. Ni d'ailleurs les menues faveurs militaires accordées par notre pays aux USA (le fameux survol du territoire suisse pendant la guerre de Yougoslavie ou plus récemment les vols de prisonniers de la CIA).
Effectivement, il faut savoir pourquoi nous sommes neutres. Celui qui écrit a effectué son service militaire complet, pas de gaîté de coeur, non, mais pour que la Suisse puisse continuer à offrir à des organisations comme le CICR une base arrière. Mais en aucun cas pour que des individus sans scrupules encaissent des dizaines de millions de francs par année en tirant profit des guerres et des misères du monde, quand ils ne les provoquent pas volontairement!
Là, il y a un problème de valeurs avec les thuriféraires de l'ASIN.
Rédigé par: Attentif | 20 nov 2007 à 14:22
Antigone a raison. nous sommes entrés dans l'OTAN, ou plus exactement dans le "partenariate for peace", nom d'un traité qui est à l'OTAN ce que l'EEE était à l'UE.
Si nous ne sommes pas dans l'OTAN, en réalité, alors qu'ont à faire des militaires suisses au Kosovo, un territoire sous adnministration de l'OTAN ? Ou en Afghanistan ? Un territoire en guerre, occupé par les troupes de l'OTAN. Rien évidemment, et s'ills sont là bas c'est bien - sans qu'on le dise officiellement - au titre de troupes supplétives de l'OTAN.
Les autorités ne procèdent à ce genre d'opérations que prudemment parce qu'elles ne veulent pas que la vérité apparaisse au grand jour. On tient à ce que le public continue à avoir le même genre d'illusions qu'Attentif! On ne veut pas qu'ils se révillent.
Mais attention, si les USA décidaient d'y aller, s'il y avait une guerre, avec l'IRAN, ou avec la Russie de Poutine, qui n'est plus d'accord de se laisser marcher sur les pieds, alors le peuple suisse s'apercevrait enfin - hélas ce serait trop tard - que les traité déjà signés en catimini par M. Mario Cotti (le "parteniariate for peace" justement) engagent notre pays, sous peine de rétorsions, et nous imposent des obligations à peine plus légère que celles des membres de l'OTAN à part entière. Dans un tel cas on exigerait de la Suisse qu'elle passe à la vitesse supérieure, avec des troupes plus nombreuses, du matériel etc.
Espérons que cela ne sera pas le cas et que les choses vont se tasser du côté de l'Iran. Mais si la tension s'accroissait, le peuple suisse s'apercevra de la situation réelle et alors il sera indigné et voudra immédiatemenmt revenir à la neutralité intégrale, comme la Suisse l'avait fait du temps du président Motta.
Pourquoi croyez vous donc que M. Schmid, que son parti UDC a bien raison de critiquer, tient tant à faire voter des programmes d'armement dont les principales dépenses ne concernent pas la défense du territoire suisse contre diverses menaces, mais bien DU MATERIEL PERMETTANT LE TRANSPORT DE TROUPES A L'ETRANGER !
Pourquoi celà ? Heureusement la coalition des socialistes et de l'UDC a produit un bon effet et permis de stopper pour le moment ce programme désastreux. Mais ils ne sont pas nombreux les commentateurs qui ont vu clair. Surtout à l'HEBDO.
Peut-être que si ça pétait sérieusement du côté des Balkans, ou un peu plus loin, on ne demanderait pas à la Suisse d'envoyer tout de suite des gros bataillons de troupes combattantes, mais en tout cas ce seraient des gros bataillons de logistique, etc., pour décharger d'autant les troupes US, polonaises, bulgares, françaises, bref de l'OTAN, qui elles devraient assurer le combat proprement dit. Et si le conflit s'aggravait de plus en plus la pression sur la Suisse pourq u'elle y aille aussi s'accroitrait d'autant,a vec des menaces et des chantages sur el pays, sous des prétxtes hypocrites, comme nous les avons connus il y a plus de dix ans.
Mais quand donc les gens ouvriront-ils les yeux et comprendront-ils que ce que la gauche et tous ces gens qui sont pour l'"Europe" et pour l'entrée de la Suisse dans le conseil de sécurité de l'ONU, etc., s'inscrivent dans la ligne de cette politique parfaitement cohérente et qui a été imposée à la Suisse par des pressions très dures, américaines, dont un épisode particulièrement hypocrite, violent et injuste a été l'affaire des fonds en déshérence.
Tout cela se tient. Réfléchissez un peu s'il vous plaît et ouvrez les yeux ! Les bons sentiments humanitaires de Mme Calmy-Rey sont le masque aimable d'une politique de soumission inconditionnelle devant ce qu'il faut bien appeler l'imppérialisme américain.
Et une fois qu'on a fait ce constat que tout cela se tient, et que les écailles vous tombent enfin des yeux, on en vient à éprouver beaucoup de respect pour M. Blocher qui a tant bataillé, depuis des décennies, avec son ASIN, et avec l'UDC, et par toute son action politique, pour que l'on se détourne de cette voie dangereuse et que l'on se souvienne de la valeur de la neutralité, la vraie, celle qui permet la vraie action humanitaire qui soulage de vraies souffrances et ne fait pas de parlottes: l'action de la Croix Rouge.
Alors bien sur, direz vous, le gouvernement auquel participe M. Blocher fait preuve aussi d'une certaine souplesse face aux exigences américaines, comme par exemple de survoler le territoire suisse, etc. Bien sur. Mais voyez vous c'est que ce monsieur Blocher est avant tout un réaliste. On ne peut pas ignorer l'hégémonie américaine qui est un fait. On est obligé de composer avec elle. Ca s'appelle le réalisme, tout simplement. Ne nous laissons pas aveugler par les bons sentiments bêtes.
Les USA sont une puissance hégémonique. C'est un fait. Ils dominent indirectement l'Europe occidentale, par UE interposée, puisque le ministre des affaires étrangères de l'Europe, (pardon le "haut représentant") n'est autre que M. Javier Solana, l'ancien secrétaire général de l'OTAN ! Eh ! oui ! C'est ainsi. Et donc, comme au cours de la 2ème guerre, quand il y avait une autre domination sur l'Europe, bien pire, certes, il faut bien en tenir compte et non pas faire les malins. Donner des autorisations de survol, acheter du matériel américain font partie de ces mesures intelleigentes, empreintes de réalisme et dans l'intérêt bien compris du pays.
Mais ouvrons les yeux: il faudra bien saisir la première occasion pour repenser le concept de défense nationale dans le sens de revenir à la DEFENSE DU TERRITOIRE SUISSE comme mission principale, et faire usage des atouts nombreux dont dispose la Suisse et qui peuvent lui permettre encore une politique d'indépendance, retirer nos troupes des théatres d'opérations étrangers, où se mesurent entre eux les grands blocs militaires. Ces manoeuvres guerrières ne nous concernent pas. Nous y avons tout à perdre et rien à gagner.
Je ne suis pas membre de l'ASIN, mais de plus en plus je suis convaincu que l'histoire dira à quel point M. Blocher a été génial et prophétique en sentant ces dangers monter, vingt cinq ans à l'avance et en prêchant sans relâche pour une politique cohérente et claire depuis le début.
Le problème c'est qu'il se heurte à la résistance d'une classe politique servile. Pour que sa politique étrangère réaliste et clairvoyante pusisse être appliquée, il faut que le rapport de force se consolide encore plus en faveur de l'UDC. Personnellement c'est la raison principale pour laquelle j'ai déposé un bulletin UDC dans l'urne.
L'histoire dira aussi combien irresponsable et dangereuse a été une certaine politique aventureuse et servile face aux USA, dont, c'est vrai, Mme Calmy Rey est la représentante typique.
Donc, Mme Tauxe, en nous resservant l'habituel couplet de propagande, archi rebattu et cousu de fil blanc, on sent bien qu'elle est sincère et crois naïvement à ce qu'elle écrit. C'est pourquoi je lui dis, à elle aussi: mais ouvrez donc les yeux ! Et j'espère qu'elle entend au moins mes arguments qui me semblent sensés et non ceux d'un "eunnuque".
Je ne comprends pas tant d'aveuglement. Ca me navre.
Rédigé par: spectateur | 20 nov 2007 à 19:04